C.E., n° 215 308, 23 septembre 2011, BEDIMO
Qualité d'autorité administrative · A.S.B.L. SMALS · Critères d'attribution · Procédure d'appel d'offres · Discrimination entre soumissionnaires
Attention, cet arrêt est rendu sur base de la loi du 24 décembre 1993. Cette interprétation pourrait donc ne plus être pertinente aujourd'hui.
Attribution du marché de fournitures de bureau à Benjo Interieur
1. Objet du recours et faits L'association sans but lucratif SMALS a attribué le marché de fournitures de bureau à la société Benjo Interieur, au détriment de la société BEDIMO qui était classée deuxième. BEDIMO conteste la décision d'attribution, arguant que SMALS n'est pas une autorité administrative et donc pas compétente pour statuer au Conseil d'Etat. Elle soutient que SMALS est composée d'institutions publiques et exerce une mission d'intérêt général, ce qui la rendrait une autorité administrative au sens de l'article 14 des lois sur le Conseil d'Etat. 2. Moyen invoqué BEDIMO soutient que SMALS, en tant qu'association sans but lucratif composée d'institutions publiques, constitue une autorité administrative au sens de l'article 14 des lois sur le Conseil d'Etat, et que par conséquent, les décisions d'attribution de marchés qu'elle prend doivent être soumises au contrôle du Conseil d'Etat. Elle invoque une discrimination entre les soumissionnaires selon que le marché est attribué par une autorité administrative ou une A.S.B.L. composée d'institutions publiques. 3. Décision du Conseil d'État Le Conseil d'Etat constate que SMALS est une association sans but lucratif de droit privé, fondée en 1939, et que sa composition et son fonctionnement sont régis par la législation sur les associations sans but lucratif. Bien qu'elle soit composée d'institutions publiques, cela ne suffit pas pour la qualifier automatiquement d'autorité administrative. La Cour des comptes n'a pas affirmé sa qualité d'autorité administrative, et elle n'exerce pas de contrôle externe analogue à celui des pouvoirs publics. Le Conseil d'Etat n'est donc pas compétent pour se prononcer sur la régularité des décisions prises par SMALS dans le cadre de la passation de marchés publics. La requête est donc irrecevable au fond, et l'affaire est renvoyée à la Cour constitutionnelle pour une question préjudicielle.
Même affaire : C.E., n° 223 650, 30 mai 2013